Manifeste du Collectif Musée Métabolique Académie Royale des Beaux-Arts, Bruxelles
Avril 2025
Le Collectif Musée Métabolique s’est formé dans le cadre du projet de recherche proposé par Clémentine Deliss. Il est composé d’étudiant·es de l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles. Il se réunit depuis septembre 2024 pour étudier l’institution muséale, son rôle social, ses enjeux, ses problèmes.
Le Collectif Musée Métabolique s’est notamment attardé sur les collections et réserves de divers musées belges, pour y redécouvrir les artefacts et les dépouilles qui dorment sur ces étagères. Nous avons croisé ces expériences fortes en déambulant dans ces musées avec des lectures, des conférences et des discussions enrichies par la pluralité de nos points de vue et de nos sensibilités.
En tant qu’étudiant·es en art, nous avons examiné cet objet d’études au prisme de nos expériences en tant que visiteur-es et futur·es travailleur-ses, amené·es à y exercer nos métiers, à y exposer, à y débattre du beau, du sensible, de l’actualité et des enjeux du monde.
Le musée a été l’outil de rayonnement d’un monopole européen sur l’humanisme, autoproclamé au temps des Lumières et de la Révolution française — alors que leurs contemporains colonisaient, pillaient et massacraient des populations considérées comme “inférieures”. Les luttes pour l’indépendance et l’avènement d’un nouvel ordre mondial nous amènent — encore aujourd’hui — à reconsidérer l’ensemble des pans de nos sociétés contemporaines, y-compris les musées et les missions qui en découlent : expositions, conservation, action culturelle, recherche, etc. Là où certain·es y voient un joyau de connaissances, d’autres un instrument de l’oppression coloniale, tenant d’un ordre ethnocentré.
Car le musée porte le meilleur et le pire de l’être humain, ses merveilles et ses obsessions, sa capacité aussi bien à faire rayonner des idéaux, qu’à humilier ses congénères et le reste du vivant. Aujourd’hui encore, le musée est un organe social qui continue à exercer son influence sur nos sociétés contemporaines : prescripteur de goût, agent de distinction culturelle, mais aussi lieu de soins, de (re)médiation et d’apprentissages. Derrière cette réactualisation de ses missions, poussant le musée vers davantage d’inclusivité, se cachent des réserves perçues comme sans intérêt, reliquats d’une cleptomanie institutionnalisée qui a utilisé les prétextes de la science et du progrès pour dépouiller des communautés humaines de leurs richesses, et ce faisant de leurs mythes, de leurs croyances et de leurs traditions.
Le musée est un espace de travail et un espace de loisirs, c’est donc fondamentalement un lieu de vie, dédié à la transmission d’un savoir commun à une communauté humaine. Le musée est donc un lieu voué à l’émancipation, où sont retenus captifs de vastes pans de l’humanité. Se pose alors la