Témoignage / Testimonial

Témoignage de Jérémy Baeten :
Alors voilà, ce sont deux dessins que j’ai faits avant un projet, comme si j’étais un oignon et que je voulais retirer des couches de moi-même pour arriver à la partie la plus centrale et me lancer directement sur ma peinture. Sauf qu’en réalité, ces dessins, je les ai faits, mais après je n’ai pas poussé… J’ai fait une peinture qui n’avait absolument rien à voir. Peut-être pas rien à voir parce que les couleurs m’ont inspiré, mais les formes étaient totalement différentes.

J’avais juste un besoin de liberté et de me lâcher. Et ces dessins m’ont aidé à me lâcher. Et il y a un mot que j’ai appris qui s’appelle velléité.

Être velléitaire, par exemple. J’ai eu une velléité de faire du sport, j’ai eu une velléité de… C’est commencer quelque chose et pas le pousser à bout. Mais souvent, je fais des chemins de velléité, des petites velléités qui m’amènent à d’autres velléités et qui m’amènent à un résultat autre.

En tout cas, ces petits dessins, je trouve que dedans, je peux retrouver l’essence de ma pensée, répéter des formes, des zigzags. C’est chouette. C’est comme si je nage dans l’eau et j’entends des ondes.

Et quand je sors de l’eau, j’entends des mouettes. Alors là, sur ces petits dessins, je ne vais pas les décrire. Ils sont assez explicites.
On voit plein de petites choses. Et je ne sais pas s’ils serviront. J’espère qu’un jour ils serviront.

Puissent-ils inspirer quelqu’un d’autre pour faire une peinture ? Peut-être que là, le fait de les re regarder et de les revoir, ça fait toujours écho avec des joies que j’ai en moi. Alors je pourrais peut-être les reprendre un jour.

Témoignage anonyme 1 :
J’accepte que ça soit donné et que ça soit touché.

Témoignage Annie :
Du coup, mes prototypes peuvent être manipulés. Mais malheureusement, ils ne peuvent pas être entrepris par une autre personne pour en faire une « œuvre à quatre mains ». Mais ils portent le nom prototype parce que ça part d’une idée de jouer avec les corps de la mythologie grecque avec les proportions d’aujourd’hui.

Cela reproduit les positions de certains dieux avec certains attributs de la mythologie grecque. Et avec des objets contemporains tels qu’une gourde AirUp qui, je pense, est assez reconnaissable et par sa couleur et son côté contemporain fait un petit côté pop art que j’apprécie.

Malheureusement, pour l’instant, je ne vois pas encore quoi en faire à long terme. Mais je sais que ça reprendra une place importante dans ma pratique un jour. Peut-être en tatouage. Je ne sais pas.

Témoignages d’Iman Dubail :
Ok, premier prototype. Ce que j’ai entre les mains, c’est une sorte de bar d’aluminium assez fluide, fragile, assez maniable où j’ai fait des sortes de poinçons marques. Je ne sais pas comment bien expliquer ça, mais en gros, c’est une sorte de gravure en volume, ce que je voulais représenter. Sauf que finalement, ça s’est un peu révélé comme une sorte de coquillage, perle un peu décorative, je trouve.

Un peu du signe du bijou. Du coup, après ça s’est révélé comme une sorte de scarification, je pourrais dire.
Tu as pu en faire quelque chose par la suite ?
J’en ai fait une énorme plaque.

Là, c’était vraiment qu’un petit aperçu, la découverte de la matière. Et après, au fur et à mesure, j’étais là, qu’est-ce que je peux en faire ? Déjà qu’elle était iridescente, je pense que c’est ça qui m’a plu.

Et après, j’ai fait des petites marques et je n’arrivais plus à m’arrêter. Et donc voilà, c’est pour le premier prototype.

Donc après, le deuxième, c’est un monotype de fleurs. En fait, je n’ai pas vraiment choisi cette couleur, elle était déjà sur la table de d’ancrage.
Et après, j’ai joué et je me suis aperçue qu’il y avait aussi la couleur des plantes qui se sont incrustées sur le monotype. Et ça, ça a ouvert plein de options et d’ouvertures pour plus tard, pour faire des plus gros monotypes. Et j’ai remarqué à chaque fois, je le fais sur des plus petits formats pour que ça aille rapidement et découvrir plus vite les surprises.

Et ensuite, le troisième prototype. Il date d’il y a deux ans, je pense. Oui, il y a deux ans. Parfois, j’oublie tellement que j’en fais, j’ai l’impression que c’est ça mon travail. Genre que de prototypes qui se font et après que j’enfuis dans mon casier et que je n’observe plus. Alors que je pense que ce sont des pistes.

Mais j’arrive à trouver plein de pistes différentes et après, je choisis celle que je préfère. Et il y en a qui dorment et qui revivent au fur et à mesure que je les vois. Et ça, c’est plus du dessin pur à la pointe sèche.

Et très figuratif. Et c’est dur de percevoir comme exposable.
Pourquoi ?
Je pense que c’est tout un rapport avec les profs aussi en gravure.
Que ça soit figuratif et que ça ne soit juste pas fini aussi. Tu as l’impression qu’il manque des choses parce qu’elle n’est pas remplie. Et j’ai toujours l’habitude de remplir mes plaques.
Mais si là, en dehors des profs, toi en tant qu’artiste, qu’en penses-tu ?
Ça pourrait bien marcher mais il faut que je réfléchisse au format de la feuille. Est-ce que je les mets ensemble ? Est-ce que je les expose ? Avec quoi et comment ? Peut-être rien du tout. Mais ça demande beaucoup plus de réflexion quand c’est un truc figuratif.

J’ai l’impression que quand c’est abstrait…
Et c’est quoi tes sujets que tu dessines ?
Il n’y a pas vraiment de sujet. Ce sont juste des formes et des objets que j’aime bien et qui sont dans ma tête et je les reproduis directement sans vraiment regarder des choses en particulier. C’est tout ce que je vois dans la vraie vie, dans les bouquins, sur les réseaux et après ça se transforme sur ce que je dessine et sur mes plaques en général.

Et comment j’imprime et aussi avec les couleurs que j’achète. Tout est un choix. Finalement c’est calculé et en même temps ce n’est pas trop calculé parce qu’avec la gravure on ne sait jamais comment ça peut rendre.

Même si au fur et à mesure on comprend après tant d’années. Mais j’ai l’impression que c’est toujours ça au début la gravure. À chaque fois on imprime un petit truc ou une plaque qu’on ne comprend pas trop bien et au fur et à mesure on la comprend et après ça se transforme en un truc de plus concret qu’on arrive à mettre dans un bon format dans la feuille qu’on choisit vraiment pour cette plaque et après ça prend forme et ça fonctionne, ça ne fonctionne pas mais ça prend du temps.

Je pense que c’est juste ça le plus important c’est de prendre du temps et d’observer ce qui se passe et de mettre dans l’espace et que ça prend forme. En fait tout prend forme quand tu arrives à accepter ce qui se passe et à le mettre dans l’espace et à associer les choses entre elles ou les dissocier aussi et voilà quoi. Et après ça amène une autre prise.

Témoignage de Noa Pasquinelli :
Ça c’est mon carnet de recherche personnelle donc en fait tout est expérimental de la reliure, même au contenu il y a plein de cours d’écrit perso, de recherche graphique et je passe souvent par le carnet avant de pousser des réalisations que ce soit imprimées ou scénographiques je trouve ça important de passer par une forme éditoriale et donc ce carnet je l’ai fait en un an à peu près en y revenant de temps en temps et je ne présenterai pas ça comme un objet fini ou une œuvre mais c’est quand même quelque chose qui a une histoire du vécu.
C’est littéralement un livre d’artiste qui t’a accompagné ?
Oui c’est vrai mais livre je ne sais pas je dirais peut-être plus carnet parce que je ne sais pas il y a un truc très personnel qui dure dans le temps qu’il vit et l’objet livre quoi.

Et il raconte quoi ce carnet ?
Il raconte un monde de recherche personnelle que ce soit graphique éditoriale ou en écriture ou sur langage.
Il y a une préoccupation dans ce carnet qui t’a particulièrement marqué ?
Une préoccupation du langage et de l’écriture et de la composition, de la mise en page surtout et il y a beaucoup de trucs qui sont restés dedans et d’autres qui en sont sortis et ça fait un peu aussi base de données que je peux consulter et me relire et ouais.
Et il date du coup de quand ?
Il date, je l’ai commencé fin 2024 et je l’ai fini fin 2025. Donc en un an à peu près.Et je l’ai fait avec des carnets de récupération que j’ai assemblés.
Ça t’est arrivé de déchirer des pages ?
Non en vrai, chaque page même si je n’aime pas je recolle des trucs ou je redessine par dessus jusqu’à ce que je trouve ça chouette.
Si tu veux qu’on en arrête là c’est très bien est-ce que juste pour toi c’est un objet dormant ?
Ouais, clairement parce qu’une fois qu’il est fini je le pose et il doit être regardé ou reconsulté mais du coup tu peux dire que c’est un objet dormant dans ce sens là, clairement ou en tout cas c’est le début de plein de prototypes, d’autres projets et ouais.
Trop bien. Merci beaucoup.
Merci à toi.

Témoignage de Violette Goldet Marcianno :
Alors moi j’ai fait des transferts de photographies que j’ai prises moi sur des tissus, du coton très fin qui peut un peu faire penser à du linge de maison ou des torchons. En fait ça faisait longtemps que j’avais cette idée là et ça m’évoque pas mal de choses parce que c’est un peu un projet sur ma famille surtout les femmes de ma famille. Il y a quand même un côté qui rappelle un petit peu les tâches ménagères et j’avais un peu cette idée d’évoquer comme si c’était des tâches des brûlures de fer à repasser sur une chemise, un torchon, un tout. Mais en fait c’est des photos il y en a qui sont effacées, il y en a qui sont un peu plus lisibles moi ça m’intéresse aussi quand l’image elle ne se voit pas forcément. Le truc là c’est que maintenant je les ai faits et comme souvent ça m’arrive, je fais quelque chose mais la finalité ne se dessine pas tout de suite et du coup je me retrouve souvent avec des débuts de bonnes idées et j’ai l’impression que des fois j’ai un petit cabinet de curiosité sur mon bureau où il y a plein de petits débuts et pas forcément d’aboutissement. Et je me dis est-ce que ça peut être ça aussi un travail artistique, point, ou est-ce qu’il ne faudrait pas aller plus loin ? Moi je suis un peu frustrée parce que j’ai envie d’aller plus loin et en même temps je trouve qu’il y a quand même un truc un peu touchant dans voir le début les idées pas finies des artistes, il y a même Sophie Kell qui a fait tout un livre là-dessus et ça s’appelle Unfinished je crois elle a fait tout un livre sur un travail qu’elle n’a jamais réussi à terminer le travail est assez génial mais on voit ce qu’elle veut dire il y a un côté où t’es pas en mode la boucle est bouclée. Et donc moi je suis là à me dire ce n’est pas une œuvre d’art parce que j’ai l’impression qu’ils ne se sont pas encore regroupés ensemble, il n’y a pas encore ce truc qui fait le tout, j’ai l’impression que c’est des fragments après moi c’est vrai que je travaille un peu autour des fragments aussi. Mais à quel moment un fragment est juste un fragment et à quel moment c’est une œuvre ? Je ne sais pas, j’ai pas trop la réponse.

Témoignage anonyme 2 :
En fait normalement, ça aurait dû être la fin d’un projet c’était censé être l’ossature pour faire un modelage. Les parties sont soudées entre elles et ça devait tenir de la terre, être fixé, il y avait des trous pour être fixé sur une planche en bois sauf que j’ai laissé traîner un peu le truc et à la fin j’ai plus eu d’argent. Parce que le but initial c’était après la terre, le moulé avec du silicone et j’ai vu que le silicone était à 70 euros. Du coup je me suis dit que bah non je n’allais pas mettre 70 euros là-dedans c’est près d’une facture d’électricité mais que j’allais plutôt du coup faire autre chose. C’est comme s’il y avait une sorte de squelette qui était là, je le vois, je devais apprendre à faire du silicone aussi mais du coup je ne vais pas pouvoir. Je vais laisser le squelette comme il est et puis c’est tout. Ça fait un moment qu’il l’air comme ça dans l’atelier, je ne sais pas trop quoi en faire. Franchement ça ne peut même pas partir sur un autre projet parce que c’était vraiment quelque chose de spécifique, je n’ai pas forcément envie de trop détailler le truc mais c’était censé être la fin de quelque chose et je me disais « merde si je n’ai pas la fin de ce truc je peux pas mettre ce que je suis en train de faire dans mon portfolio » par exemple. Je n’ai toujours pas trouvé de solution, enfin, je pense avoir une autre idée c’est un peu la même chose mais avec d’autres matières premières mais du coup ça a été soudé pour rien. Donc l’ossature est complètement vide, ce n’est pas meublé le truc, et l’idée initiale est tombée à néant